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    WILD STYLE, exposition 2018-2019
    Galerie VERY YES, île de La Réunion 

    L'adorer ou ne pas l'adorer : ADOR exposé à VERY YESJeudi 27 Décembre,

    je propose à une bonne amie d'aller voir une exposition temporaire dans une galerie qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de connaître. Nous arrivons, la fresque d'entrée face à la galerie a été repeinte. Face aux contenaires noires empilées les une sur les autres, nous avons attendu avant d'entrer dans une ambiance fraîche, calme et rigolote.

     

     Wild Style est une exposition d'ADOR dans la galerie VERY YES du célèbre artiste JACE (ses gouzous dévalent partout dans le monde et sur l'île de La Réunion), du 14 décembre au 26 janvier.

     

     


      

    Exposition  vente « Wild style » par Ador, du 14 décembre au 26 janvier 2019
    au sein de la galerie VERY YES de Jace (Usine à gouzou)

    L'adorer ou ne pas l'adorer : ADOR exposé à VERY YES

    C’est la deuxième fois que je viens à la Galerie VERY YES. La galerie ne m’a jamais véritablement attiré, tout d’abord par son nom que je ne trouve pas original ; je sais que la galerie est tenue par le célèbre JACE, créateur des gouzous ; je sais que les artistes souvent exposés sont des graffeurs. Le « graff » est un art qui m’a rarement intéressée. J’ai une impression qu’il suffit d’un coup de bombe pour créer un dessin ou embellir un mur. Mais si je puis comparer aux coups de pinceaux sur une toile, il faut tout de même une bonne maîtrise.

    La galerie expose les productions d’ADOR, un artiste graffeur qui m’est complètement inconnu. Elle reste une expo-vente, où des personnages aux bouches invisibles et aux yeux énormes occupent les murs. L’entrée était fermée, j’ai dû attendre avec une amie que la responsable nous ouvre. Nous étions que deux dans la salle, observées par ces personnages rigolos. Ce n’est lorsque nous avons longé un mur qu’une foule de visiteurs arrivent et reste tout aussi silencieuse que ces personnages.  

    ADOR est un artiste qui a développé un travail d’atelier autour de dessins, de toiles, de volumes, de films d’animations, de fresques murales avec ses personnages disséminés partout. Des histoires burlesques et sulfureuses cherchent une façon de raconter, de discuter certains aspects de la nature humaine. C’est un univers joyeux avec des personnages d’une civilisation grotesque, absurde, où ils paradent. Dans l’exposition, ce sont des personnages nés à La Réunion, vêtus de peaux de bêtes et parodient des scènes quotidiennes. Ce sont des hommes des cavernes devenus contemporains.

     

    L'adorer ou ne pas l'adorer : ADOR exposé à VERY YES 

    Nous commençons d’abord par voir des personnages au long nez, qui m’ont fait tantôt penser à l’expression du nez qui s’allonge lorsque nous mentons, tantôt à des becs pour picorer ou siroter du nectar (Colibri ou Kiwi). Les toiles ressemblent à des cases de bande dessinées que nous pouvons assembler à notre guise pour créer une histoire. Mais je trouve que ça donne encore un air de tableaux de décoration parodiques avant d’accéder au premier étage de la Galerie. Il y a un mélange, il y a des dessins au crayon graphique où le monochrome domine comme ci-dessous. Le trait est épuré et fin avec des dégradés et des tons gris différents : 

     

    L'adorer ou ne pas l'adorer : ADOR exposé à VERY YES

     

     

    Sinon, avec une approche d’un graffiti de rue, ou un aspect 3D et lisse qui donnent du volume aux personnages.
    Ador n’est pas un artiste qui a su profondément me toucher avec ses peintures ou ses dessins, qui restent drôles, mignons. Nous nous attachons aux personnages car ils nous sommes familiers, mais sans plus.  

    L'adorer ou ne pas l'adorer : ADOR exposé à VERY YES

     

     

     

     

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    La Part de l'Autre, exposition collective 2018
    La Cité des Arts, île de La Réunion 
     

    Un petit tour chez l'AutreVendredi 19 octobre,

    je cours flâner au sein de La Cité des Arts. Ceci est un simple petit article pour écrire mes ressentis lors de la visite de cette exposition sur un coup de tête… La tête directement plongée dans le noir total. J'avoue que j'angoisse dans les salles sans fenêtres… Et mieux avec une personne qui ne cesse de t'observer du coin de l'oeil et qui te met constamment la pression. Elle ne me faisait absolument pas confiante pour une raison totalement inconnue. J'ignore pourquoi mes pas m'ont mené jusqu'ici. Ah oui, je me souviens que je souhaitais voir une exposition de sérigraphies d'une certaine Mathilde mais que j'apprend avec déception que la boutique ne s'ouvrait qu'à 14h. J'avais reproché au fond de mes pensées vertigineux qu'ils auraient au moins pu mettre ce détail, puisque c'était le dernier jour d'exposition.

    La part de l’autre, du 15 septembre au 28 octobre 2018, est une exposition collective de Malala Andrialavidrazana, Laura Henno, Gabrielle Manglou, Myriam Mihindou, Myriam Omar Awadi. Salle Banyan de la Cité des Art, Île de La Réunion.

     

     


     

    La part de l’autre est une exposition totalement plongée dans la pénombre, où quelques lumières vives éclairent des tirages de photographies intéressantes. Des hurlements canins sourds se font entendre dans un coin de la salle, se mélangeant aux paroles d’inconnus ainsi que des murmures d’un homme dans un coin opposé. La part de l’autre relève une question identitaire multiculturelle sur des hommes ou des femmes : les œuvres sont le fruit complexe de regards convergents des artistes sur des habitants des territoires de l’Océan Indien. Entre photographies où les visages disparaissent, entre les installations vidéo et sonore à l’apparence de reportages documentaires, un rapport corporel invisible et la mémoire d’une réalité actuelle s’y inscrit. Nous y entrons dans l’intimité des sujets filmés ou photographiés qui nous font découvrir l’envers d’un décor.

     

    Un petit tour chez l'Autre

    Vue de l’exposition dans la salle Banyan.

     

    L’influence des différences culturelles dans cet espace colonial que constituent les territoires insulaires comme l’île de La Réunion ou Madagascar, contribue à forger une identité commune issue du marronage, sous forme de ligne de fuite traversant nos sociétés au fils de temps et des migrations via le fort développement de la mondialisation. L’exposition indique que le marronage évoque la volonté d’échapper au pouvoir du maître. J'avoue que sincèrement au fond de moi, je n'ai pas réellement réussi à vraiment cerner cela à part quelques photographies ; encore, je pense quand même au triptyque de vidéos d’un jeune homme qui voyage à bord d’un bateau où il y avait une certaine sensibilité cachée et fragmentée en trois.


    Dans ce triptyque de format paysage, nous nous retrouvons face à un jeune homme qui navigue sur un petit bateau. Notre regard se promène de manière confuse sur chacune de ces vidéos, ne savant pas sur laquelle il faut se focaliser. Les climats changent, l’enfant porte tantôt une veste de pluie, tantôt un costume, tantôt un vêtement quotidien. Les couleurs de la mer et des terres visibles se marient avec ses vêtements. Son regard se dirige vers un horizon que nous ne voyons pas ; nous observons ce qu’il y a derrière lui, l’envers du décor. Ses expressions du visage recherchent expressément un élément inconnu ou parfois seul un regard divague. Les ondulations de la barque nous bercent le regard, provoquant un léger mal de mer, qui devient un petit foyer de déplacement bravant les intempéries et le soleil plombant. Evidemment, mes yeux ne savaient absolument pas où il fallait se concentrer ; la concentration frissonnait dans mon dos avec le regard pesant de la… médiatrice ? Ou peut-être encore ce silence pesant de la salle où bourdonnaient des murmures inconnues ! Ce triptyque raconte une histoire quotidienne sans mots, celle d’un voyage sans fin, d’un déplacement intime où nous ne voyons ni habitations, ni autre individu ou animal.

    A l’entrée de l’exposition se dresse également un triptyque de photographies où une main bandée et colorée en blanc se repose sur un fond rouge. Une main est l’unique sujet dans chacune de ces photos. Les trois photos montrent tout simplement trois angles différents, telle une étude scientifique ou documentaire. Pourquoi une main et pas un pied ? Ici, la main est montrée comme une sculpture, le blanc rappelle les sculptures de plâtre ou de marbre. Nous pouvons apercevoir la couleur du marronnage saupoudrée de blanc. Le banc contamine et se prolifère sur sa peau, avec les bandages qui enchaînent les doigts. Les bandages empêchent le moindre mouvement libre. La couleur rouge fait ressortir le blanc, une couleur qui rappelle la passion ou la couleur sanguine. Les images capturent un instant, témoignent une histoire passée porteuse de stigmates d’une société inscrite dans un espace colonial. Enfin, si nous suivons bien les textes affichés sur des pauvres formats A4. S’ensuit une série de photographies monochromes. Images manipulées à l’apparence d’iconographies anciennes, elles donnent l’impression d’être directement sorties des archives historiques départementales (qui semblent bien être le cas).


    Tirées sur le côté négatif de l’image, un air spectral s’inscrit sur chaque portrait. L’air spectral est tel un passé qui hante, tel une mémoire qu’on tente de rafraîchir. Chaque personne a son visage caché, inconnu. L’identité est bafouée. Chacune prend une pose ou effectue un geste. La photographie leur vole une partie de leur être. Peut-être que ces personnes viennent d’un même territoire, ou de territoires différents. Une ligne d’horizon blanche relie chaque pied de l’image. Elle relie tous les portraits entre eux. D’autres photographies rappellent le même thème sans ligne d’horizon, où des corps entiers disparaissent sous forme de silhouette noires sur les pieds d’images rougeâtre ; agrandies, les personnes sont dimensionnées à l’échelle humaine. Un côté inquiétant nous envahi. D’autres, des visages sont cachés par un morceau d’un élément bleu, transparent, vert sur des tons sépia.

    D’autres photographies étaient également présentes, où nous apercevons un homme entouré d’un groupe de chiens qui semblent lui être loyaux l’appartenir. Il est maître. Enfin, une fois de plus, je me rend compte que je reste influencée par ces textes que je n'aurais peut-être pas dû lire en premier. Sur certaines photos nous voyons qu’il porte un masque. L’homme porte un haut coloré qui ressort sur les tons gris sombre ou bleuté du paysage naturel au bord de mer. Nous retrouvons également ce qui semble être des dresseurs. Peut-être que les chiens sont utilisés pour la chasse au fond d’un belle forêt tropicale. Aucun indice ! Il y a un regard sur un évènement quotidien où la plénitude semble régner autour de ces mouvements figés lors du cliché. Pour finir, une pièce avec un micro transparent éclairé, rappelant inévitablement le côté fantomatique des séries photographiques précédentes. Derrière ce micro, un drap blanc est étendu dans une photographie d’une pièce rustique. Je me questionne si je n’ai pas raté une performance ou un discours. Je n’avais aucune description de la pièce... Quel dommage. Mais le silence suffisait à s'imposer sur ces pièces que je me demande s'il est nécessaire d'avoir une description. Il y avait également une installation vidéo sonore à l’arrière de cette pièce. L’installation était entièrement plongée dans le noir, où un écran télévision était posé à terre ; un homme habillé de noir sur fond noir semble réciter unelettre, ou murmurer une prière. Des coussins sont installés autour. C’est une invitation silencieuse à partager une prière, un rituel ou un moment historique reliant chaque futur participant. Mais je n'avais pas envie de m'assoir. 


    Les dernières pièces étaient de très grandes projections vidéo documentaires ou photographiques. La plus grande vidéo était sous-titrée. C’était un échange entre un enfant qui semble être le même que celui sur le bateau avec un adulte. Il est difficile de comprendre leur échange, mais nous sommes immergés dans le gros plan d’un visage innocent, presque inquiet, à l’écoute. Les deux dernières projections étaient enfermées dans de longs couloirs clos. Je ne me suis pas attardée dessus, étant donné que les espaces clos dans le noir m’angoissent.


    Je sais, je n'ai fait qu'angoisser. Est-ce comme un refus de me retrouver dans la part de l'autre ? Ou est-ce vraiment le noir ?


     

     

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  • MaChine rouge, Karl Kugel, 1987-2018
    Arcothèque Saint Denis, île de La Réunion 

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    MaChine rouge de Karl Kugel - coup de coeur

     Jeudi 19 Avril,

    je passe au musée Léon Dierx et je remarque qu'à côté, à l'Arcothèque, il y a l'exposition de Mr Karl Kugel, avec qui j'ai eu quelques cours sur l'observation des images photographiques. J'ai cru qu'il était fini, et j'étais bien heureuse d'avoir eu cette surprise. Alors je vous partage quelques aperçus et mes ressentis.

    Ma note personnelle : ★ ★ ★ ★ ★ 
    Attention, les notes sont basées sur mon avis, rien à voir avec le côté professionnel, chacun peut aimer ou ne pas aimer.

     

     

     

     

     

     

     


     

    MaChine rouge de Karl Kugel - coup de coeurDès l'entrée, nous apercevons l'image d'un jeune homme, tel un portrait. Il semble endormi, dans un habit rouge, couleur emblématique de la Chine. Nous obtenons déjà un cadrage de l'entrée qui nous invite à s'approcher. Le mur est entièrement blanc et c'est la seule photographie. Je la contemple dans le silence. Cet homme est vu de profil, une peau visiblement marquée par l’acné. Il me semble endormi, mais il ne me donne aussi aucun signe de vie. J'ai déjà une bonne première impression de l'exposition. Il y a un atmosphère mystérieux et paisible, ou même familier selon mon avis.


    Je ne sais pas pourquoi, mais sa position fœtale me fait penser à un enfant endormi, j'ai du mal à deviner son âge, il me semble adolescent.

    Malheureusement, j'ai cherché l'étiquette, je ne l'ai pas trouvée. Aucun signe.
    A moins que je ne sache pas chercher...

     


     

    MaChine rouge de Karl Kugel - coup de coeurJ'ai tout de suite apprécié la scénographie de la galerie après avoir contourné la photographie principale. On comprend tout de suite où se diriger.

    Par contre, l'énorme point négatif : la climatisation était trop fort, mais bien trop fort. Heureusement que j'avais emmené de quoi me couvrir...

    Sinon, tout est bien éclairé façon expo, avec à notre droite une seule ligne de photos de couleur qui se démarque du reste de la galerie...

     


     

     MaChine rouge de Karl Kugel - coup de coeurSur la photo, on voit clairement le panorama de photos en couleurs.
    J'apprécie vraiment comment la salle est bien éclairée.

    Le regroupement de photos m'a été difficile de voir tout un ensemble, j'ai dû prendre le temps d'apprécier chaque photo dans leurs détails.

    Franchement, nous avons des fenêtres et nous voyons à travers l'oeil du photographe des scènes quotidiennes.

     


     

     MaChine rouge de Karl Kugel - coup de coeurMaChine rouge de Karl Kugel - coup de coeur
    MaChine rouge de Karl Kugel - coup de coeur

    Désolée, je suis mauvaise pour prendre des clichés avec le téléphone, haha.

     


     

     

    MaChine rouge de Karl Kugel - coup de coeur

     Cette image, je l'ai sélectionnée car inévitablement, cela rappelait une de mes photographies monochromes, de ma série "Montagnes 2017-2018". (lien bientôt disponible)

    Cette image a sa surface scindée en deux hémisphères. Sa ligne montre des formes montagneuses et des bâtiments, où une vaste terre désolée s'étend jusqu'à nous, l'observateur.

    Le poids ne vient pas du ciel mais de la terre, qui est un peu étouffant (un contraire de l'aphyxie, par le manque d'air...). Les deux hémisphères se contrastent.

     


     

     

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